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*Photos
Rino Noviello
 Notre
galerie a choisi la s.a. Léon Eeckman pour assurer
les nombreuses expositions qu'elle organise
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Agnes Arnould Discipline : Gravures
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Sillonner avec la gouge, labourer, scarifier, cicatriser ; Graver sa mémoire.
Contrarier le fil ou le suivre docilement.
Le bois et AGNES ARNOULD ne font qu’un.
C’est écrit noir sur blanc.
Bernard Haurez
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David Clément Discipline : Lithograhies
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Polysémie
On ne manquera pas d’apprécier la qualité picturale de ces œuvres de format généralement modeste. Le fond monochrome pourrait constituer à lui seul une toile. Ni de remarquer la précision avec laquelle les formes intégrées en ces surfaces, en fait posées sur, sont traitées, qu’il s’agisse de fines fleurs ou de signes apparentés à des symboles : croix, croissants, étoiles… Mais jusque là tout est de l’ordre de la prouesse et l’énigme commence dès lors que l’attention se porte sur les sens possibles du vocabulaire des signes et sur les origines multiples de ceux-ci. Tous inscrits dans l’histoire, tous empruntés à des histoires plus ou moins complexes, y compris celle de l’art, leur polysémie est décuplée par l’utilisation qu’en fait l’artiste David Clément (1970 – vit à Bruxelles). Les signes sont trompeurs !
Claude Laurent - La Libre Culture - mercredi 23 juin 2004
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Jean
Coulon Discipline : Gravures
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Entendez-vous
la symphonie qui jaillit de la ville
innombrable ?
De
ces mille et mille foyers – la vue
se perd dans l’entrelacement des
ruelles, glisse sur les toits branlants,
épouse d’étranges artères répartissant
les flux nourriciers, - sourd un
cantique polyphonique, hommage au
dieu-instrument. Le son règne en
maître, il attend le souffle qui
lui rendra unité et harmonie.
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Michèle
Corbisier Discipline : Gravures
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Dans
ses gravures les plus récentes, Michèle Corbisier
s’approche davantage encore de la matière et du
grain des choses. Elle cherche à donner à
voir l’invisible avant qu’il ne se métamorphose
et s’incarne. La gravure est alors l’instrument
qui permet de projeter cette atomisation du monde,
de réaliser le rêve d’unir en une seule image l’infinitésimal
et l’immensité, transportant le regard au cœur de
l’infini. Des explosions infimes, des radicelles
de clartés, d’imperceptibles courants illuminent
l’obscurité de ces espaces.
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Jorge de la Torre Discipline : Gravures
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Réincarnation de Georges de la Tour
Les graveurs sont des gens curieux. Le cinéma, les journaux, les ordinateurs, le monde entier est passé à la couleur depuis un demi-siècle, eux non. Une corporation un peu à part, une caste. Des transmetteurs d’un savoir faire, d’un art de faire qui marqua la bascule du moyen âge en Renaissance. Des perpétuateurs d’une esthétique doublée d’éthique. Des sortes de résistants. Un pied dans le passé, parfois les deux.
Jorge de la Torre fait exception, de façon singulière. Lui prend pied dans le présent. Et refuse la gravure toute faite, seule attitude digne de son illustre homonyme (véritable, son nom est la traduction littérale de...Georges de la Tour, le grand peintre français du XVIIe) auquel rien ne le rattache hors le souci de radicalité.
Il existe beaucoup de graveurs, il existe peu de styles. Les graveurs semblent toujours faire écho à la tradition. Pas de la Torre. Non pas parce qu’il fasse de la gravure moderniste, au contraire. Simplement, lui, tourne le dos à tous les « bons genres » de la gravure néo-académique : la xylographie archaïsante (fort prisée par la BD dite nouvelle, chez Fremok ou L’Association), le photoréalisme décalcomaniaque pour grisailles urbaines, la matière noire, le clair obscur. Non, la gravure, il la réinvente, à partir de presque rien, le trait, le trait partout visible comme un point de départ hypothétique, hasardeux, risqué.
extrait du texte de Philippe Ernotte (Ph.E. est professeur à la Cambre et à l'Insas)
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Chris
Delville Discipline : Gravures
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Née en 1957
vit et travaille à Bruxelles
Chris Delville conte l'univers de femmes androgynes.Et leur actualité,
toute urbaine, prend sa réelle intensité et sa nécessaire distance dès lors
qu'elle les érige en personnages quasi mythologiques, comme si la
culture des légendes pouvait, seule, rendre supportable leur quotidien.
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Fabien Delvigne Discipline : Gravures
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Fabien Delvigne, né en 1958 à boulogne-sur-mer (France) peintre autodidacte, travaille avec avec le groupe chef bob productos de 1985 à 1992
En 1989, il quitte grenoble et vient s’installer à bruxelles où il vitdepuis il manie diférentes techniques et supports, peintures à l’huile, acrylique, aquarelle, encres, gravures, sculptures.
Depuis 1996 à 2007 il suit des cours de gravure à l’académie d’ixelles ( bxl) participe à des revues graphiques, telles la pieuvre, le dernier cri son travail s’oriente de plus en plus vers la redécouverte du sacré au niveau Universel. La femme, la nourriture, le sexe, la danse, la nature, sont ses principaux thémes. Tout cela à l’aide d’une peinture colorée en perpétuel mouvement où
L’humour et l’émotion, s’associent pour créer un hymne à la vie.
A paraître courant 2007 deux livres aux éditions Pire Fictions (France).
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Brigitte Geerinckx Discipline : Gravures
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C'est un travail à l'intersection entre les mots et les formes. Sans cesse, la peinture, le dessin, la gravure croise l'écriture.
Tantôt des mots suggèrent des images, tantôt l’inverse. Une courbe, une couleur puis surgit une lettre, une phrase et finalement un poème tout entier.
L’œuvre de Brigitte Geerinckx se construit toujours dans cette dialectique inconsciente.
Les choses se font intuitivement entre plume et pinceau.
Intimement lié, l’œuvre de Brigitte Geerinckx, l’est assurément à des événements qui dans sa vie marquent clairement une rupture. D’abord la fin d’une carrière professionnelle dans l’enseignement. Et une période d’incertitude et de vide qui débute. Période inquiétante sans doute mais dont les latitudes semblent infinies, comme ces paysages aux allures de steppes désertiques. Pas une âme en vue, trop froid sans doute. Un peu à l’image de ces contacts entre êtres humains qui se réduisent parfois au strict minimum.
Ensuite cet accident et cette main qui du jour au lendemain perd tout ce qui en fait son essence. Reste un organe inanimé. Pour Brigitte Geerinckx, cela devient une obsession. Elle l’observe sans cesse avant de la dessiner, la redessiner, encore et toujours…
Inanimée, cette main se révèle plus bestiale qu’humaine. Une forme animale menaçante prête à bondir.
Autant d’univers incertains, en pleine construction, de lieux de paroles, de lignes, de signes.
Et cette référence constante à l’empreinte. Que l’on veut laisser, parfois. Qui se laisse à nous, souvent.
Sur le fil… Le travail de Brigitte Geerinckx recèle une grande fragilité. De celle qui parfois laisse à penser que tout est prêt à basculer. Mais les bases sont solides, ancrées profond dans le sol.
Pierre Vandenbulcke, 2008.
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Isabelle
Happart Discipline : Gravures
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Isabelle Happart
saisit en chacun l'être vif. Ses autoportraits dévisagent, avec
humour sévère, son propre visage et le mettent à l'épreuve de la
main. Les portraits captent, avec une extrême sensibilité ce noyau
- geste ou regard - où se concentre, de manière singulière et comme
à l'origine, une existence. Il n'y a, chez elle, aucune tentative
de forcer le secret des visages, de les déformer. Mais plutôt une
appréhension de ceux-ci par le regard intérieur, comme s'il s'agissait
de bourgeons dans l'obscurité. La simplicité éclaire dessins
et pointes sèches d'une lumière précise et juste tandis que les
gravures sur bois ouvrent des espaces intérieurs, nourris de peu
de couleurs, éclairés par quelle veilleuse?, où la lumière et l'ombre
revêtent parfois matière somptueuse de papier.
Serge
Meurant
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Sebastien Marciak Discipline : Gravures / Jeunes créateurs plasticiens
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«Incision»: remettre en question la sacralité du corps (historique de l'anatomie) en l'ouvrant est une blessure faite à l'idéal corporel; de même la remise en question des techniques traditionnelles de la gravure (incisione) est une blessure faite au «Beau-métier.» La langue italienne offre une belle illustration de ce dialogue. Incisione (gravure) est phonétiquement «l'incision» française.
Je considère mon travail en décalage par rapport à la pratique traditionnelle de la gravure: imprimer sans ré-encrer; réalisation d'images de grands voir très grands formats, utilisation de papiers «bâtards» (feuilles de bloc-notes, papier millimetré, papier recyclable fragile...), utilisation de l'image numérique comme base pour l'impression traditionnelle...
J'embrasse volontiers la proposition du Comte Lepic, graveur du XIXe siècle, qui remit au goût du jour un procédé découvert par Eugène Delâtre (1864-1938, graveur imprimeur) intitulé «la gravure mobile». Cette technique s'écartait du métier d'imprimeur classique en jouant sur l'encrage et l'essuyage: «Je suis maître devant ma plaque comme devant ma toile, je puis transformer tous les sujets suivant ma fantaisie, modifier leurs effets.» En s'écartant des codes de la gravure, il toucha plutôt à la pratique de l'artiste-graveur; terme qui n'était pas encore d'actualité à l'époque mais que je nomme et revendique comme tel.
L'enjeu du projet est de proposer un médium fort peu représenté en Art contemporain. Il s'agit de montrer que cette technique, encore perçue (idée reçue peut-être) comme vieillotte, bloquée dans son savoir-faire, dans ses codes dogmatiques, peut répondre à des enjeux de création contemporaine.
Travailler sur le corps est une façon de questionner la gravure, de la bousculer en brisant les codes traditionnels du métier pour établir une démarche plasticienne contemporaine sur fond d'un dialogue entre la blessure faite au corps et celle faite au support.
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Manuella Piron Discipline : Gravures
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L’humain s’envisage
Manuella Piron (1969, Messancy) est tout à la fois artiste, professeur de dessin, éducatrice spécialisée et animatrice d’ateliers créatifs. Chacune de ces approches contribue à façonner cette personnalité entière. Ici donc, pas de cloisonnement ou frontières, tout forme un tout : les préoccupations créatives alimentent les rencontres didactiques, et les expériences professionnelles nourrissent la création artistique. L’artiste, attachée aux arts dits bruts, atteste d’une quête d’essentiel et d’authenticité sans chipoteries ou tergiversations.
Plus proche d’une certaine spontanéité que du conceptuel, Manuella Piron ressasse sans cesse la question de l’humain, question jamais aboutie ni résolue. Au moyen de ses nombreux portraits, elle approfondit ses explorations du réel, de son rapport à l’autre. Elle porte un regard empathique bien qu’aiguisé sur ses contemporains. Elle oeuvre d’après des croquis inspirés d’éléments rencontrés : des photographies, des sculptures, des souvenirs... et travaille rarement d’après modèles réels. Les particularismes ainsi que les superficialités sont ici destitués par l’acte artistique au profit d’une recherche aiguisée de l’identité. Le portrait s’envisage dès lors comme une étude de caractère, une exploration de l’être et de sa profondeur.
L’artiste, perspicace, refuse le lisse, elle creuse sous la surface des apparences. C’est pourquoi, fréquemment, elle travaille par série, procédé qui lui permet d’approfondir ses sensations, de sonder un échantillonnage plus vaste d’émotions et de personnalités. Pour cette exposition à la Grange du Faing, elle présente notamment deux nouvelles séries de douze portraits. Gravés ou peints, ils sont autant de témoignages de la richesse de l’humanité, autant d’affirmations des ressources de l’être.
Depuis de nombreuses années, Manuella Piron pratique la gravure, plus précisément la linogravure, technique éprouvante qui impose un contact physique, rapproché, avec le support. L’artiste maîtrise toutefois suffisamment cette méthode, proche de la gravure sur bois, que pour s’amuser et en dépasser la pure contrainte esthétique : la technique se plie au service du sens.
S’amusant du contraste, et de la complémentarité, de deux ou trois plages de couleurs vives, elle recourt peu aux demi teintes. Elle ne s’autorise pourtant aucun manichéisme. Ses personnages sont tout en ombres et lumières. En outre, le plus souvent, ses linogravures ou peintures sont rehaussées de traits de pastels. Les couches se superposent ; elles entraînent le regard dans un incessant dialogue permettant de cerner l’identité complexe de ses visages qui, à l’image de tout être humain, sont composés de multiples facettes.
Dans l’œuvre de Manuella Piron, la ligne est souple bien qu’incisive, expressive et dynamique. L’artiste vivifie la technique populaire de la linogravure, renouvelle le genre ancestral et inépuisable du portrait, pour sans relâche, imprimer ses questionnements et recherches sur la nature humaine….
Texte de Bénédicte Merland
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Serge
Poliart Discipline : Gravures
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Monsieur Poliart, que certains,
dans les années 60, appelaient « Beau Serge », met dans ses dessins
(ne parlons pas de son chevalet ni de ses écuries, de ses fresques
ni de ses frasques, qui engendrent d’autres plaisirs) toute la tendresse
qui lui gonfle le cœur. Un enfant nu, une mère célibataire,
un cul-de-jatte, un gros cochon dans un peu de jus, des amis qui
s’étranglent, des frites mal cuites, des cours de récréation et
de miracles, des morceaux de crottes et de squelettes, des riens
du tout – par exemples – réchauffent son crayon et lui donnent des
couleurs, celles-là même qu’il a aux joues quand, le soir et dans
la solitude, il lit quelques pages du Cantique des Cantiques.
Et quand il voit des plumes sur
le derrière d’un petit oiseau, il pense aussitôt à d’autres plumes,
non à celles de Chateaubriand ou de Jules Michelet, mais à celles
qu’il imagine sur la tête de messieurs qui mangent des oranges et
font du bruit. C’est un cas, parmis d’autres qui, eux, ne savent
pas dessiner.
André Balthazar,
janvier 2003
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Chantal Némery Discipline : Gravures
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Mon vif intérêt pour le dessin, né au cours de mes études, s’est épanoui avec ma profession dans le milieu du design et de l’art moderne.
En 1996, j’ai repris le dessin aux Ateliers de la rue Voot, puis, particulièrement attirée par la gravure, je me suis inscrite au cours d’Anne Dykmans, à l'Académie d'Etterbeek.
C’est en 2001, lors d’un premier voyage lointain, que j’ai été fascinée par les nuages dans les ciels des grands espaces, au point qu’ils sont de suite devenus ma principale source d’inspiration.
Mes techniques de prédilection sont l’aquatinte et la lino, mais je cherche également d’autres moyens d’expression par la gravure sur bois ainsi que, cette année, par la lithographie, avec Cyril Bihain à l’Académie de Woluwe Saint Pierre.
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Simon Outers Discipline : Gravures
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Fraîchement sorti de l'erg en 2008 en option illustration gravure; j'oscille cette année entre l'aca d'uccle et un atelier de sérigraphie a la rtt.
Mon travail traite de la confrontation à l’autre avant toute rencontre verbale, la teneur de nos relations qui précèdent «l’ affrontement» à coup de mots.
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Space
Paf Paf Discipline : Gravures
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L’univers de Laurence Gonry évolue
entre les récits ludiques des cartoons contemporains comme ceux
de l’Américain Chris Ware et les histoires sombres contées par Frans
Masereel au début du xxe siècle.
Danielle Everarts-Seynaeve
15 mai 2003
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Jean-Charles
Taillandier Discipline : Gravures
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Dans les gravures de Jean-Charles
Taillandier- si le mot convient -, il flotte un air de lointain.
Ce lointain implique la mémoire de l'art mise à notre disposition
par le musée et l'industrie culturelle de la reproduction. Le plus
souvent, ce sont des œuvres de la Renaissance qui font vaguement
retour, mais pas seulement : telle image tire du côté de Goya, telle
autre rappelle un autoportrait de Schönberg, tel autre encore un
casqué anonyme capable d'avoir combattu lors de la Grande Guerre,
etc... Jamais, cependant il ne s'agit de citation ni d'hommage avoué.
Ce qui compte, c'est le flou de la référence.
Pierre-Damien
Huyghe
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Sandrine Van Heuven Discipline : Lithographies
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Mon mémoire de fin d'études partait d'une volonté d'explorer les liens que j'avais vu entre différents champs de ma vie : mes lectures d'ouvrages sur la psychanalyse, ma psychothérapie, mes lithographies et mes dessins. Je me demandais ce que nous mettions dans notre travail. Qu'est-ce qui passe de nous, dans nos dessins? Les psychanalystes analysent bien les dessins de leurs patients.
Mes lectures m'ont interpellée, car j'ai vu des rapports entre ma propre psychothérapie et les textes que j'explorais.
Mon travail en lithographie est axé sur le corps : le corps morcelé, le corps organisé comme système, structure organique. Ces images sont des coupes dans le corps, et elles sont par la suite, à l'impression, encore découpées. Ces parties sont ensuite réagencées, recombinées, restructurées sur la feuille
Ici se dépeindrait peut-être une volonté de réparation, de structuration, d'association des éléments, comme une construction de soi-même.
Mais malgré tout ces morcèlements et ces corps hors cadre, les images de base produites sont des corps parfaitement limités et cernés. C'est là que se lirait mon rapport au monde, et à moi-même.
L'enfant schizophrénique produit des dessins éclatés, désordonnés. Dans mes lithographies j'ai d'abord créé une image précise et fermée, que j'ai ensuite éclatée, volontairement morcelée et mélangée.
Une autre partie de mon travail sont mes dessins, que j'ai commencés à travailler il y a un an et demi. Le premier pas dans ce travail fut une série de dessins effectués durant le premier mois de ma thérapie. Plus ou moins un dessin par jour fut réalisé. Ce sont des émotions et des sensations qui tentent d'être figurées le plus simplement et le plus directement possible. Il était question de poser, de tracer un peu de mon être sur le papier.
Après cette série, le travail a continué d'évoluer. A la base c'était quelque chose de totalement spontané, tracé en quelques secondes, sans réfléchir. Il a été question ensuite de dessiner un parcours, un vécu, de le raconter. Je tentais de cibler certaines émotions dans mes dessins, une évolution vécue grâce à la thérapie.
J'y racontais un morceau de mon vécu psychique, de ma personnalité.
Je travaillais donc sur le psychisme dans mes dessins, directement, spontanément. Les lithographies quant à elles sont le fruit d'un travail très lent.
Elles furent longuement mûries, agencées et retravaillées.
Les dessins sont des traces, dessinées par les affects en nous. C'est la mémoire vivante en nous qui guide les mouvements de nos mains, comme elle est ce que nous sommes. Les dessins que je travaille seraient donc doublement une trace de ce que j'ai vécu, car dans nos dessins se dépeint notre manière d'être au monde et comment est le monde en nous.
Mes nouvelles productions mélangent lithographie, linogravure et dessins.
Je continue de développer les liens que j'ai commencé à entrevoir dans les différents travaux que je produis. Le mélange des techniques, des sujets, des styles de travaux sont un développement des liens dans mon univers intérieur. Car le regard que nous portons sur le monde fait immédiatement appel à des choses en nous, des souvenirs, des impressions, des réflexions, chaque découverte se raccrochant en nous à quelque chose d'autre. Je parcours mes raccords, mes connections internes, un univers intérieur.
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