Gravures /  Etsers

Michèlle Corbisier

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 - 2007 > 2008

 

 - 2006 > 2007

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Atelier :
65, rue Camille Lemonnier  
1050 Bruxelles  
Tél: +32(0)2 346.65.27  

Michèlle Corbisier maîtrise l’espace sensible de la lithographie. La pierre, un lieu très concret à habiter, est parfaitement plane. Une matière grasse posée au crayon, à la plume et/ou au lavis la pénètre, qu’un traitement contraint à demeurer dans sa trace et la distinction de ses intensités. Ce dessin est dissous, remplacé par une encre inerte déposée au rouleau sur la pierre mouillée d’eau. L’encre n’adhère qu’aux parties dessinées, restées sèches. Une pression d’une tonne imprime l’encre au papier. L’écart entre les valeurs du clair à l’obscur peut être immense, encore faut-il obtenir cette sensibilité d’ordre chimique. Les autres techniques de l’estampe exploitent les irrégularités physiques arrachées ou imposées à une matrice, dont la forme ouvre dans l’épreuve une « fenêtre » sur le monde animé par ses reliefs.

Voilà peut-être pourquoi l’œuvre lithographique de Michelle Corbier oppose, (ces dernières années en tous cas), des gestations et des croissances aux paysages qu’elle grave sur métal. Ces représentations n’exigent guère d’identification. Leur bruit discret n’est pas l’écho de significations. La suggestion d’une nature intériorisée leur suffit à capter l’attention qui les commue en espace perceptif. Leur expansion dans le plan conserve ouverte la part d’absence qui les nourrit. D’avant en arrière du plan et l’inverse, une profondeur émerge et se creuse, induite par la richesse des valeurs et des matières qui interagissent par « passages » et « ruptures » Nous assistons à ce travail de dosage de la lumière que le papier renvoie modulée par les dépôts d’encre. Cette méditation constitue l’enjeu d’un exercice tout entier offert à la contemplation.

  Georges MEURANT   

 

Les gravures de Michèlle Corbisier développent des variations sur un paysage unique où se manifestent les mouvements suscités par une force d’attraction interne.

Si elles suggèrent une nature fortement intériorisée et tracent l’écriture de quelques silhouettes, elles en déclinent les formes dans  une dynamique propre au geste et à la lumière.

La métamorphose du paysage obéit aux changements de lumière, à sa concentration et à sa dispersion. La pierre accumule la lumière et en tire son rayonnement tellurique. La vague la vaporise, écume légère.

Balayé par un mouvement  régulier comme le souffle du vent , le paysage gagne en transparence, s’ouvre à l’œil, latéralement, non plus dans la verticalité d’un horizon, mais dans la subtilité des traces d’un territoire éclairé du dedans.

Ces œuvres suscitent une  méditation dont le sens ne se dévoile  que dans la contemplation de l’ensemble et selon un parcours de l’œil allant de la condensation extrême à l’essaimage de la lumière.

Ce qui importe alors  est de se laisser porter par les mouvements qui structurent ces œuvres, univoques ou contradictoires, comme on fixerait les variations d’un ciel imaginaire, fluide ou opaque, pétrifié.

Des gravures d’un plus grand format travaillent la matière des ténèbres, son opacité parcourue de mouvements souterrains,la densité de noirs somptueux mais aussi les éclaircies que l’on devine au travers.

Le paysage qui s’y inscrit est d’une plénitude menaçante, où sont présentes toutes les variations d’une nuit transfigurée.

  Serge Meurant  

 

 

Certaines œuvres grandissent en silence, conservent leur secret  Elles explorent les racines de l’humain, dans l’effacement de tout discours. Elles contiennent tout cela qui ne peut être traduit que par des images.

Les gravures de Michelle Corbisier questionnent les commencements Comment faire apparaître, en chaque image, ce qui ne devient visible qu’ à travers un regard si longtemps déposé sur les choses qu’il les a décantées ? Le temps devient alors matière. La part accidentelle de cette révélation répond au travail d’une infinie patience, d’une capacité mystérieuse à rencontrer le hasard en ce qu’il possède de plus fécond.

L’œuvre apparaît intime, très intériorisée, méditative même. Elle possède cependant une dimension d’ouverture au monde. Elle aborde, en effet, l’histoire en ne s’attachant qu’aux figures collectives, en refusant toute introspection. Pas d’autoportrait ni de portrait nommant. Des groupes,des rassemblements,quelques personnages au bord d’une mer blanche. Ou bien, des corps d’une transparence somptueuse :torses et ventres. On y pressent une force tellurique, un mouvement souterrain, un soulèvement. Sans oublier la dimension grave sinon tragique, profondément lucide, de cette approche. C’est ce qui donne à ce travail sa contemporanéité par la compréhension, silencieuse et émouvante,de la condition humaine.

La rêverie naît, ailleurs, de la contemplation d’espaces vastes qui condensent le sentiment que demeurent en nous les traces vives de paysages très anciens. Une lumière du nord les éclaire souvent, proche du gel scintillant. La ligne de l’horizon s’affine au loin et installe une distance où se réalise le caractère relatif de notre perception.

D’autres paysages sont imprégnés d’une lumière diffuse et douce, printanière.

L’œil s’y pose serein , les contemple sans chercher  à en pénétrer les méandres, les plis , les ravinements , les sols légers comme un tissu ancien. Une impression de verticalité heureuse naît de cette vision : celle d’un envol imperceptible du paysage entier.

Les lithographies suscitent un même sentiment de plénitude. La beauté du monde y apparaît comme un tout saisi d’un seul regard, dans la jouissance immédiate d’éléments simples. Il y a ce goût de l’eau et la transparence des arbres. La pierre et son poids. L’impatience lente de l’envol. Les formes rondes, les courbes lunaires ou solaires, les arènes claires, les criques ou les cirques, et les ovales ouverts.

Déclinaison heureuse d’un noyau de lumière, d’une source dont le débordement est tremplin, figure du désir.

Dans ses gravures les plus récentes, Michelle Corbisier s’approche davantage encore de la matière et du grain des choses. Elle cherche à donner à voir l’invisible avant qu’il ne se métamorphose et s’incarne.

La gravure est alors l’instrument qui permet de projeter cette atomisation du monde, de réaliser le rêve d’unir en une seule image l’infinitésimal et l’immensité, transportant le regard au cœur de l’infini.

Les gravures sur bois sont le contre-champ coloré, plus directement expressif, des images évoquées.

Le paysage bat d’un mouvement de pulsation produit par les veines du bois, leurs nœuds et leurs turbulences. La couleur les matérialise de manière plus charnelle. Leur architecture propose l’image d’un monde davantage solide. Les figures s’y inscrivent pourtant avec l’instabilité du rêve, ce léger flottement qui suscite l’émotion. Elles traduisent,en leurs multiples variations, le même questionnement fondamental.

Serge Meurant  

 

1985
gravures

série "Rive"


13 x 13 cm


15 x 15 cm


15 x 15 cm.

 


2007 > 2008

Gravures
Série "Ephémère
s"


 9,5 x 20 cm.


  9,5 x 20 cm.


10 x 21 cm


10 x 20 cm.


 10 x 20 cm


10 x 20 cm.

 

Lithographies

Série "Souffles"


40 x 54 cm.


40 x 54 cm.


40 x 54 cm.


40 x 54 cm.

 

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