Discipline :  Gravures

Michelle Corbisier

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GRAVURES/AQUATINTES   

  2013 > 2012

 

  2011 > 2010

 

  2008 > 2009

 

  2005 > 1985

  LITHOGRAPHIES  

  2011 > 2009

Certaines œuvres grandissent en silence, conservent leur secret. Elles explorent les racines de l’humain, dans l’effacement de tout discours. Elles contiennent tout cela qui ne peut être traduit que par des images.

Les gravures de Michelle Corbisier questionnent les commencements. Comment faire apparaître, en chaque image, ce qui ne devient visible qu’à travers un regard si longtemps déposé sur les choses qu’il les a décantées ? Le temps devient alors matière. La part accidentelle de cette révélation répond au travail d’une infinie patience, d’une capacité mystérieuse à rencontrer le hasard en ce qu’il possède de plus fécond.

L’œuvre apparaît intime, très intériorisée, méditative même. Elle possède cependant une dimension d’ouverture au monde. Elle aborde, en effet, l’histoire en ne s’attachant qu’aux figures collectives, en refusant toute introspection. Pas d’autoportrait ni de portrait nommant. Des groupes, des rassemblements, quelques personnages au bord d’une mer blanche. Ou bien, des corps d’une transparence somptueuse : torses  et ventres. On y pressent une force tellurique, un mouvement souterrain, un soulèvement. Sans oublier la dimension grave, sinon tragique, profondément lucide, de cette approche. C’est ce qui donne à ce travail sa contemporanéité par la compréhension, silencieuse et émouvante, de la condition humaine.

La rêverie naît, ailleurs, de la contemplation d’espaces vastes qui condensent le sentiment que demeurent en nous les traces vives de paysages très anciens. Une lumière du nord les éclaire souvent, proche de la scintillation du gel. La ligne d’horizon s’affine au loin et installe une distance où se réalise le caractère relatif de notre perception.     

D’autres paysages sont imprégnés d’une lumière diffuse et douce, printanière. L’œil s’y pose serein, les contemple sans chercher à en pénétrer les méandres, les plis, les ravinements, les sols légers comme un tissu ancien. Une impression de verticalité heureuse naît de cette vision : celle d’un envol imperceptible du paysage entier.

Les lithographies suscitent un même sentiment de plénitude. La beauté du monde y apparaît comme un tout saisi d’un seul regard, dans la jouissance immédiate d’éléments simples. Il y a ce goût de l’eau et la transparence des arbres. La pierre et son poids. L’impatience lente de l’envol. Les  formes rondes, les courbes lunaires ou solaires, les arènes claires, les criques ou les cirques, les ovales ouverts. Déclinaison heureuse d’un noyau de lumière, d’une source dont le débordement est tremplin, figure du désir.

Dans ses gravures les plus récentes, Michelle Corbisier s’approche davantage encore de la matière et du grain des choses. Elle cherche à donner à voir l’invisible avant qu’il ne se métamorphose et ne s’incarne. La gravure est alors l’instrument qui permet de projeter  cette atomisation du monde, de réaliser le rêve d’unir en une seule image l’infinitésimal et l’immensité, transportant le regard au cœur de l’infini.

                        Serge Meurant  

 

Michelle Corbisier développe depuis plusieurs années une œuvre lithographique savante, dont la beauté ne cesse de surprendre, d’émouvoir, de mettre l’esprit au travail.

Ses gravures résonnent comme les pierres de Chine d’il y a onze siècles. Elles appellent celui ou celle qui en sont les témoins. Elles forcent leur regard à devenir contemplation. Elles leur révèlent un monde d’avant, celui des origines.  

Les gravures de Michelle Corbisier naissent avant tout du geste. Dans son travail, la volonté de représenter le réel est absente. La forme qui en découle est un éclat du monde qui, sous l’emprise de nos imaginaires, donne vie à une image, à des images, qui nous font voyager.

Dans un premier regard sur ses œuvres, il est presque question de fragments d’un monde à distance, en éloignement, comme des résurgences d’un lieu, d’un temps, antiques. Ces images décelées par l’immédiateté du regard, agissent ensuite à l’intérieur de nous comme un appel à nous rapprocher.

Dans cette mise en mouvement, c’est le regard qui se dissocie des autres sens. Il s’élève. Il s’aiguise. Il devient contemplation. Là où la verticalité dans la gravure rencontrait l’horizontalité, il n’y a plus que surface. La matière sur le papier est en ébullition, comme dans une mise en alliage. Le corps de la gravure rencontre le corps de l’homme. Ils s’interpénètrent.

Des formes en relief se dégagent du scintillement dans les gravures. Ensuite des failles, des nefs, des ouvertures, des béances, des précipices, autant de portes par où pénétrer, par où se fondre dans un inconnu.

Dans ces moments d’éveil, le corps se désengourdit,   lâche prise, le temps est en distorsion. Le présent n’est plus. Seul le retour sur nous-mêmes, vers nos origines, vers un tracé premier, importe.  

Une fois à l’intérieur de la matière, ce ne sont plus des hommes et leurs histoires qui servent de guides, mais des traces anciennes ; celles qui, si on pouvait les remonter jusqu’à leur point premier, jusqu’à l’embrasement originel, nous ferait découvrir notre vrai visage, celui qui , comme une ombre, nous suit et nous précède dans la vie sans jamais se dévoiler.

Ces gravures constituent une épreuve pour le regard, pour le corps aussi, car elles agissent comme un miroir. Un trait d’encre, dans la morphologie de l’œuvre, se transforme souvent sous l’intensité du regard en un point en mouvement, en vacillement. Il est peut-être la réduction de notre être en ascension…

Les gravures de Michelle Corbisier sont , en ce sens, des véhicules qui, par leur beauté née d’un jaillissement intuitif, nous permettent de retrouver un temps perdu, celui de l’enfance et des possibilités d’émerveillement qu’il procure.

                    Pierre-Yves Vandeweerd   
   Cinéaste    

Extrait d’un texte inédit  Embrasement, 2011.

 


Ensemble d'aquatintes
2013 - 2012
 


Aquatinte 30/30 cm
"sans titre
2013

 


Aquatinte 40/30 cm
"sans titre
2012

 


Aquatinte 20/30 cm
"sans titre
2012

 



Aquatinte 20/30 cm
"sans titre
2012

 


Aquatinte
"sans titre"
20/12 cm
2012

 


Aquatinte 20/20 cm
"sans titre
2012

 


Aquatinte
"sans titre"
19,5/19 cm
2012

 

Artistes de La Communauté Française de Belgique

 

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