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Céline PIERRE Installations "Fonds", présentation de Luis Agap. Avec « fonds » Céline Pierre nous présente ici une série de boîtes qui semblent tenir tout autant du tableau que de l’archive. En elles sont soigneusement rangées et exposées les traces de ses rencontres avec les paysages, les lieux et les textes qui ponctuent l’itinéraire de galerie Pi fondée avec Laurent Plagnol en 2005.
En effet depuis sa sortie de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris en 1995, Céline Pierre n’a cessé de multiplier les déplacements, d’un territoire et d’un médium à l’autre. > Des installations à l’échelle du paysage (ombres en 2002, baie du Mont St Michel) ou de la ville (tables en 2000, esplanade du port de l’Arsenal place de la Bastille et cours du château de Lunéville) au travail de miniaturiste sur les diapositives, lavées, grattées, griffées, raturées. > Des environnements de projections en plein air (champs d’exil 2 en 2001, cours du centre d’art camac) aux espaces souterrains (mémento en 2003, crypte St Sulpice à Paris et St Quiriace à Provins). > Des performances (champs d’exil 1 en 2001, espace des Blancs Manteaux) aux films de ces dernières années (la chambre haute avec le Collectif Jeune Cinéma et intimation en 2007, à la cinémathèque de Toulouse) et enfin des images mouvements à ces images fixes.
Curriculum A-vide pourrait-t’on dire quand on évoque son parcours, en un jeu de mots qui peut aussi bien signifier la plénitude que le vide ouvert dans un déplacement continuel, comme dans ces projections et ce travail de l’image où ce qui s’efface compte tout autant que ce qui apparaît. Comment comprendre qu’un travail en cours et en déplacement continuel vienne paradoxalement ici en renforcer la pérennité ? Et la rendre, pour ainsi dire, tangible, comme à la tangente de l’instant et de la durée et à la limite d’un toucher où la couleur et les textes retrouvent une présence tactile. Cette impression de pérennité, les « fonds » le doivent peut être d’être pris dans une double direction : - d’une part dans un vécu et une histoire ainsi qu’en témoigne l’usage des cartes IGN et de polaroïds, les traces d’une correspondance ou le format de la boîte archive ; - d’autre part, un processus d’effacement de ces documents qui en viennent presque à se résorber dans leur propre fonds pour devenir l’événement pictural de la matière, de la couleur, du support, de la surface de ce qui a été. A tel point qu’ici, alors qu’on a affaire à des polaroïds, on a beaucoup plus l’impression de peintures que de photos liées à un quelconque référent. Véritable résorption dans les fonds qui se maintient jusque dans la possibilité pour les œuvres de disparaître dans ces boîtes qui en sont aussi cadres et fonds. Le choix de ces cadres va en effet ici bien plus loin qu’une simple option fonctionnelle, facile d’usage et de rangement pour le collectionneur. Il touche lui aussi à la tangente du présent et du passé, du figuratif et de l’abstrait, du cadre et de l’œuvre, du « fonds » dans le sens de la possession et du « fonds » dans le sens du fondement et de la fin. Et c’est de ce différend et de cet équilibre des « fonds » que l’œuvre vient comme renverser ce qui l’apparenterait à un travail éphémère et inachevé pour accéder à une forme qui viendrait à notre rencontre hors de tout contexte."
Fonds n°001.02 à 004.02 Cahiers bitumés, impressions encres pigmentaires de photogrammes sur calques, assemblage papier journal et notes de lecture de « moyens sans fins », Giorgo Agamben
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Séries de boîtes archives ou boîtes tableaux format 33/25 s’ouvrant sur des cahiers, photographies, impressions numériques, collages … accompagnées de notes de lectures et d’enregistrements visuels et sonores.
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