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Brigitte GEERINCKX
C'est un travail à l'intersection entre les mots et les formes. Sans cesse, la peinture, le dessin, la gravure croise l'écriture. Tantôt des mots suggèrent des images, tantôt l’inverse. Une courbe, une couleur puis surgit une lettre, une phrase et finalement un poème tout entier. L’œuvre de Brigitte Geerinckx se construit toujours dans cette dialectique inconsciente. Les choses se font intuitivement entre plume et pinceau. Intimement lié, l’œuvre de Brigitte Geerinckx, l’est assurément à des événements qui dans sa vie marquent clairement une rupture. D’abord la fin d’une carrière professionnelle dans l’enseignement. Et une période d’incertitude et de vide qui débute. Période inquiétante sans doute mais dont les latitudes semblent infinies, comme ces paysages aux allures de steppes désertiques. Pas une âme en vue, trop froid sans doute. Un peu à l’image de ces contacts entre êtres humains qui se réduisent parfois au strict minimum. Ensuite cet accident et cette main qui du jour au lendemain perd tout ce qui en fait son essence. Reste un organe inanimé. Pour Brigitte Geerinckx, cela devient une obsession. Elle l’observe sans cesse avant de la dessiner, la redessiner, encore et toujours… Inanimée, cette main se révèle plus bestiale qu’humaine. Une forme animale menaçante prête à bondir. Autant d’univers incertains, en pleine construction, de lieux de paroles, de lignes, de signes. Et cette référence constante à l’empreinte. Que l’on veut laisser, parfois. Qui se laisse à nous, souvent. Sur le fil… Le travail de Brigitte Geerinckx recèle une grande fragilité. De celle qui parfois laisse à penser que tout est prêt à basculer. Mais les bases sont solides, ancrées profond dans le sol. Pierre Vandenbulcke, 2008.
Mon atelier est un lieu feuilleté, un mille-feuille à croquer. Ecouter, regarder, sentir, S’étonner, rencontrer, aimer. Mon atelier est un habitant du temps, calme. Il crée son espace, lieu de distance. Mon atelier, je le rêve vide, de peu de mots. La lumière par petites touches, L’ombre aussi. Mon atelier habite l’herbe, Il habite l’humain. Et… Et Mon atelier est à construire, jour après jour. Il est mobile, en bois, à quatre roues, Une cabane ailée, une mongolfière, un lieu provisoire, éphémère, un jardin secret. Mon atelier habite l’arbre ; écorce lisse ou rugueuse, il prend racine et creuse profond. On aperçoit le ciel entre les branches. Il hume le vent, se perd dans une forêt, Son mystère. Il ouvre un chemin… Eclat eau et encre (…) Poème « Mon atelier… » de Brigitte Geerinckx, 2002
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Série : "Instants-instinct"
Série : "l'entre deux"
série "Traversée"
Artiste de la Communauté Française de Belgique |
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